Mieux mesurer, plutôt que mesurer plus

Lorsque LuxAidBusiness4Impact a commencé à soutenir des entreprises innovantes à travers la Business Partnership Facility (BPF), le LuxAid Challenge Fund (LCF) et le LuxAid Development Fund (LDF), la flexibilité était considérée comme un atout majeur. Chaque entreprise évolue dans un contexte différent, répond à des défis de développement spécifiques et génère son impact à travers son propre modèle économique. Les dispositifs de suivi et d’évaluation de ces entreprises cofinancées ont donc été conçus sur mesure, permettant aux entreprises de définir un large éventail d’indicateurs adaptés à leurs objectifs.

Avec le temps, cette flexibilité a toutefois montré ses limites. Avec des dizaines de projets cofinancés dans des secteurs et des pays variés, LuxAidBsusiness4Impact s’est retrouvé à gérer un nombre croissant d’indicateurs, dont beaucoup mesuraient des résultats similaires mais selon des approches différentes. Par ailleurs, le volume important d’indicateurs demandés à chaque entreprise rendait le reporting de plus en plus lourd, tandis que l’agrégation des résultats à l’échelle du portefeuille devenait complexe.

Nous nous sommes rendu compte que, même si nous collections beaucoup de données, celles-ci n’étaient pas toujours facilement exploitables ou comparables. L’enjeu n’était pas de recueillir davantage d’informations, mais de collecter les bonnes informations, de manière cohérente, afin de mieux comprendre les changements auxquels notre cofinancement contribue. (Ben Wandivinit, LuxAidBusiness4Impact Monitoring and Evaluation Officer)

Cap vers plus de simplicité

À la suite d’une revue approfondie de son approche de suivi et d’évaluation, LuxAidBusiness4Impact a mis en place un cadre de résultats plus simple et plus harmonisé, visant à réduire la complexité tout en améliorant la qualité et la comparabilité des données d’impact.

L’une des évolutions les plus importantes a été l’introduction d’un plafond de dix indicateurs par projet cofinancé. Le projet a également défini deux indicateurs clés, désormais appliqués à l’ensemble des trois fonds :

  • le nombre d’utilisateurs supplémentaires ayant accès au produit ou service cofinancé et l’utilisant ;
  • le nombre de personnes supplémentaires ameliorant leurs moyens de subsistance ou leurs conditions de vie grâce à cet accès et à cette utilisation.

En parallèle, plusieurs indicateurs récurrents — tels que les investissements additionnels mobilisés, le chiffre d’affaires annuel ou les emplois créés — ont été standardisés afin de permettre une analyse consolidée des résultats à l’échelle du portefeuille.

Les entreprises peuvent également définir jusqu’à deux indicateurs spécifiques à leur projet, à condition qu’ils soient particulièrement pertinents pour mesurer leurs progrès et que les données nécessaires puissent être collectées de manière simple et fiable.

Cette évolution ne concerne pas uniquement les indicateurs eux-mêmes. Les discussions sur la mesure de l’impact ont désormais lieu beaucoup plus tôt dans le processus de sélection, dès la phase de due diligence et de préparation au pitch. Cela permet aux entreprises et aux équipes de LuxAidBusiness4Impact de s’accorder dès le départ sur des objectifs réalistes et des attentes claires en matière de reporting.

Une mesure d’impact adaptée à la réalité des entreprises

L’une des principales leçons tirées de cette réflexion est qu’un indicateur, aussi sophistiqué soit-il, n’a que peu de valeur si les données nécessaires à son suivi sont difficiles à collecter ou à vérifier.

Plutôt que d’imposer aux entreprises de nouveaux systèmes de reporting souvent lourds à mettre en œuvre, le cadre révisé privilégie les indicateurs pouvant être suivis à partir des outils et processus déjà utilisés dans leur activité quotidienne.

Le projet s’éloigne également progressivement d’une dépendance excessive aux enquêtes menées par les entreprises elles-mêmes, en privilégiant, lorsque cela est possible, les données opérationnelles existantes ainsi que des hypothèses d’impact clairement définies.

Pour les projets cofinancés présentant des enjeux financiers ou des risques plus élevés, un système de suivi différencié permet un accompagnement renforcé, sans imposer le même niveau d’exigence à l’ensemble des projets. Cette approche plus proportionnée concilie ainsi impératifs de redevabilité et réalisme opérationnel.

Cinq enseignements clés

Après deux années de mise en œuvre, plusieurs constats se dégagent :

  • Less is more : un nombre limité d’indicateurs soigneusement sélectionnés permet généralement d’obtenir des données de meilleure qualité, tout en réduisant la charge administrative pour les entreprises et les équipes du programme.
  • La mesurabilité est essentielle : un indicateur n’est utile que si les entreprises sont en mesure de collecter les données correspondantes de manière réaliste et de les documenter de façon crédible.
  • La standardisation renforce l’impact : sans définitions et méthodologies communes, il devient difficile, voire impossible, d’analyser les résultats de manière cohérente à l’échelle d’un portefeuille.
  • Le bon timing est déterminant : définir les indicateurs avant l’approbation d’un projet permet d’établir des attentes plus claires et des obligations de reporting plus réalistes.
  • L’accompagnement est clé : la plupart des entreprises concentrent naturellement leurs efforts sur le développement de leurs activités et le service à leurs clients. Le suivi et l’évaluation ne font généralement pas partie de leurs compétences clés, d’où l’importance d’un accompagnement méthodologique continu.

Et maintenant ?

Cette expérience a confirmé un principe simple mais fondamental : une mesure d’impact efficace ne consiste pas à suivre le plus grand nombre d’indicateurs possible, mais à produire des données solides, crédibles et utiles à la prise de décision.

En simplifiant son cadre de résultats et en se concentrant sur un nombre plus restreint d’indicateurs pertinents, LuxAid Business4Impact renforce sa capacité à démontrer comment les innovations portées par les entreprises contribuent au développement durable, tout en allégeant la charge de reporting qui pèse sur les entrepreneurs.

Vous souhaitez en savoir plus ?

Contactez Ben Wandivinit, Monitoring and Evaluation Officer, à l’adresse suivante : ben.wandivinit@luxdev.lu.

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