Rwanda : cuisiner autrement, vivre mieux
Au Rwanda, cuisiner au charbon ou au gaz fait encore partie du quotidien de nombreuses familles. Mais ces modes de cuisson traditionnels exposent à des risques sanitaires, sécuritaires et environnementaux. Viviane Umugwaneza, entrepreneure et mère de famille, a récemment adopté une alternative proposée par l’entreprise BioMassters et soutenue par le LuxAid Demonstration Fund. Un changement qui transforme déjà sa manière de cuisiner, mais aussi son organisation familiale.
Comme 80 % de la population rwandaise, Viviane dépendait encore récemment du bois ou du charbon pour préparer les repas. Ces combustibles l’exposaient à des fumées nocives et à des risques pour sa sécurité et celle de sa famille. Aujourd’hui, elle se sert de la solution BioMassters : un réchaud à granulés de bois, plus propre, plus sûr et plus accessible financièrement.
Moins de fumée, plus de sérénité
Pour Viviane, faire la cuisine s’apparentait auparavant à une véritable corvée : « La fumée produite par le charbon nous brûlait les yeux et nous causait des problèmes respiratoires. J’utilisais également le gaz, mais j’étais inquiète des risques d’explosion et de brûlure, comme cela arrive fréquemment au Rwanda », raconte-t-elle.
Quand elle a découvert le réchaud à pellets de BioMassters lors d’une démonstration dans son quartier, elle y a vu une alternative convaincante. Contrairement au charbon, ce système ne produit pas de fumée. Il contribue à réduire des émissions de CO2 et répond ainsi à un enjeu majeur de pollution et de santé publique lié aux modes de cuisson traditionnels au Rwanda.
C’est aussi un équipement plus sûr à utiliser, ce qui rassure Viviane sur un autre point : « Désormais, je me sens plus à l’aise à l’idée de laisser mes enfants, dont le plus jeune a 10 ans, allumer le réchaud et réchauffer de la nourriture ».

Des économies qui ouvrent de nouvelles perspectives
Les granulés coûtent environ 30 % moins cher que le charbon de bois. Pour les ménages, cette différence représente une économie importante, mois après mois. Viviane parvient désormais à mettre de l’argent de côté dans le but d’investir. « Avant, nous dépensions plus de 80 000 francs rwandais (environ 47 euros) en combustibles, contre 21 000 francs rwandais aujourd’hui (environ 12 euros). Nous plaçons l’argent économisé sur notre compte épargne pour lancer ma prochaine activité entrepreneuriale. Autre avantage non négligeable : je passe beaucoup moins de temps à cuisiner », explique-t-elle.
Les bénéfices ne s’arrêtent pas là. Viviane utilise également les cendres du réchaud pour fertiliser son jardin, dont elle retire un revenu complémentaire en vendant ses produits.
Enfin, BioMassters reverse 25 % de ses revenus générés par la valorisation des crédits carbone à ses clients sous forme de remboursements en espèces. Les ménages ayant déclaré utiliser du charbon de bois avant l’achat du réchaud BioMassters peuvent ainsi recevoir jusqu’à 3 000 francs rwandais par mois (environ 1,75 euro).
Un impact concret pour des milliers de ménages rwandais
Soutenue à hauteur de 334 000 euros par un cofinancement du LuxAid Demonstration Fund en 2024, un outil de la Coopération luxembourgeoise, BioMassters a déjà contribué à améliorer le quotidien de milliers de ménages rwandais. Grâce à ce soutien, environ 5 400 personnes supplémentaires ont pu bénéficier de cette solution de cuisson plus propre et plus accessible.

Une enquête menée auprès de 305 clients de BioMassters confirme l’impact réel du projet. Parmi les personnes interrogées, 79 % ont constaté une amélioration dans au moins deux des dimensions clés suivantes : le temps, le coût, la santé et la sécurité.
Cette étude montre également que :
- 80 % des utilisateurs du réchaud à pellets cuisinent plus rapidement grâce à sa puissance ;
- 2/3 d’entre eux dépensent moins d’argent en combustible de cuisson ;
- 41 % des clients ont constaté une amélioration de leur état de santé ;
- 48 % se sentent davantage en sécurité.
Une innovation au service du développement durable
Ce projet illustre l’engagement de la Coopération luxembourgeoise qui, à travers le LuxAid Demonstration Fund, accompagne les entreprises innovantes capables d’améliorer concrètement les conditions de vie des populations locales. En facilitant la vie des ménages rwandais, l’initiative portée par BioMassters ouvre de nouvelles perspectives, en particulier aux femmes qui, comme Viviane, concilient activité professionnelle et gestion du foyer. En réduisant les dépenses des familles, elle contribue également au premier Objectif de développement durable, qui vise à éradiquer la pauvreté sous toutes ses formes.
Plus d’informations sur le LuxAid Demonstration Fund : https://www.luxaidbusiness4impact.lu/fr/ldf
Crédit photo ©BioMassters
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